L’OSI était présent au 6ème congrès régional Occitanie du Mieux vivre en Entreprise le 19 octobre 2017

Jean-Kaspar, vice-président de l’OSI est venu débattre des conséquences pour les entreprises de l’introduction de la robotique, du numérique et de l’intelligence artificielle.

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Le 16 mai dernier, l’OSI invitait une dizaine de partenaire à sa Learning expédition au Salon Innorobo 2017, sommet mondial de l’innovation et de la transformation robotique. Un rendez-vous qui vient servir les réflexions  en cours de l’OSI sur la thématique «  la robotisation et ses conséquences dans le monde du travail »,  l’un des 4 axes des orientations stratégiques de l’Observatoire pour les trois années à venir.

Ce voyage vers le futur était axé sur la découverte des technologies émergentes en matière d’ I.A., de robotisation et de leurs impacts sur nos activités.

Une fois les présentations faites avec le robot Buddy «compagnon de la maison»  et autres consorts présents au salon, les invités de l’OSI ont pu échanger avec des experts du domaine. 

Laurence Devilliers, professeure à l’université Paris-Sorbonne, chercheuse au Laboratoire d’informatique pour la mécanique et les sciences de l’ingénieur du CNRS et auteure de l’excellent ouvrage «Des Robots et des Hommes, mythes, fantasme et réalité» fut l’une d’elle. Passionnante, elle a souligné combien il était nécessaire « d’apprendre le compagnonnage » des machines et de trouver la complémentarité avec l’homme avant de conclure « n’ayons pas peur des robots ».

Serge Tisseron quant à lui, a rappelé les conséquences du développement de l’IA sur nos relations interpersonnelles. Face à la peur due à l’avènement des robots, le célèbre docteur en Psychologie à l’université Paris VII Diderot et auteur du livre « Le Jour où mon robot m’aimera » a insisté sur le fait que les robots ne constituaient pas un danger. Il a toutefois alerté sur les « émotions artificielles » des robots qui, si elle peuvent faciliter les interactions entre l’homme et la machine pourraient à terme se muer en véritable « outil de manipulation ». D’où l’importance de prendre en compte très en amont les questions d’éthique. Comme dans toute avancée, le danger ne serait donc pas la machine mais ce qu’en fait l’homme qui lui donne vie.

Enfin, Riel Miller, responsable prospective à l’Unesco et l’un des principaux investigateurs de la prospective stratégique dans le monde est intervenu sur l’intérêt général de la robotique comparant le nouveau monde dans lequel nous nous apprêtons à vivre à la  murmuration, ces nuages d’envols d’étourneaux qui suivent la même direction dans un ballet très sophistiqué et coordonné. Riel Miller  imagine notre nouveau monde semblable à une « murmuration sociétale » avec des nuages de flux de créations, de collaboration, de partage d’expérience . Une belle image pour prendre un nouvel envol.

 


 

L’évolution des nouvelles technologies, en matière de robotisation et d’intelligence artificielle, ouvre de nouvelles perspectives pour l’activité humaine et conduit à une transformation radicale de la nature du travail.

Dans ce domaine, les prédictions les plus diverses sont affirmées : de 10% à plus de la moitié des emplois seraient menacés de disparition ou vivront des transformations profondes. Il est évident que les pistes ouvertes par l’intelligence artificielle et la robotique contribueront à l’émergence de nouveaux métiers et de nouvelles fonctions et à la disparition ou la transformation de métiers anciens. Quoiqu’il en soit peu d’emplois échapperont à une transformation profonde.

Il s’agit donc de prévoir les secteurs et les emplois qui seront prioritairement touchés et quelle sera l’incidence des mutations technologiques et scientifiques au regard des règles éthiques fondamentales.

Quelles seront les incidences au sein de l’entreprise, en matière de gestion des ressources humaines ?

Quelles conséquences sur l’évolution du salariat (notion hérité du 19ième siècle) ?

Faut-il taxer les robots et faire reposer la protection sociale sur d’autres sources de revenus ?

Comment gérer la coexistence entre des formes d’emploi faisant appel de plus en plus à l’intelligence, à l’initiative, le travail en réseau et la créativité avec d’autres qui continueront à être manuelles, répétitives, voir pénibles ?

Quelles conséquences sur la gestion prévisionnelle des emplois, la formation et les carrières professionnelles ?

Comment mobiliser positivement tous les acteurs de l’entreprise pour gérer ces évolutions et mutations pour en faire une source de progrès  et nous préparer à ce nouveau monde en devenir ?

Autant de question qu’il s’agira de traiter.

Cette réflexion nécessitera un travail de recherche impliquant les entreprises, des universitaires, des philosophes, les organisations syndicales et des intellectuels pour jeter les bases d’un constat partagé et dégager les esquisses de solutions.

Une attention particulière sera portée aux conséquences éthiques de ces mutations et transformations.